Prothèse de disque cervical vs fusion: 10 points clés pour décider en 2025

La douleur facettaire lombaire est une cause fréquente de lombalgie chronique. Elle provient souvent des articulations facettaires, de petites articulations en forme de charnière qui stabilisent l’arrière de la colonne. Ce guide explique quand la suspecter, quels examens apportent une vraie valeur, quelles options de traitement existent, et dans quelles situations la radiofréquence peut aider, avec une vision équilibrée des bénéfices et des risques.

Le diagnostic clinique seul manque de précision. L’IRM oriente et élimine d’autres causes, mais la confirmation, dans des cas sélectionnés, repose sur des blocs diagnostiques des branches médiales. La radiofréquence peut apporter un soulagement pendant plusieurs mois chez des patients répondant à des critères stricts, après une prise en charge conservatrice adaptée. Tout le monde ne répond pas, et des risques existent, même s’ils sont rares.

  • Une douleur lombaire axiale aggravée par l’extension ou la rotation évoque une origine facettaire.
  • L’IRM aide à écarter d’autres causes, mais ne confirme pas à elle seule une douleur facettaire.
  • Les blocs diagnostiques avec critères stricts guident l’indication de la radiofréquence.
  • La radiofréquence peut soulager la douleur pendant plusieurs mois chez des patients sélectionnés.
  • Commencer toujours par un traitement conservateur structuré, sauf signes d’alarme.

 

Comment se manifeste la douleur facettaire lombaire ?

Il s’agit le plus souvent d’une douleur axiale dans la région lombaire, majorée lors d’une station debout prolongée, lorsque l’on se cambre (extension) ou que l’on tourne le tronc, et améliorée par une légère flexion vers l’avant. Elle peut s’accompagner de raideur matinale et d’une sensibilité à la palpation paravertébrale. Elle irradie rarement sous le genou, contrairement à une sciatique typique. L’intensité varie au fil de la journée et peut s’aggraver après un effort ou des postures maintenues.

 

7 examens qui aident vraiment

  1. Anamnèse ciblée : profil axial, déclencheurs mécaniques, soulagement en flexion et absence de signes neurologiques francs.
  2. Examen clinique : douleur à l’extension et à la rotation, palpation douloureuse au niveau des facettes. Les tests provocatifs renforcent la suspicion, mais ne suffisent pas à eux seuls.
  3. IRM lombaire : utile pour exclure hernie, sténose ou œdème osseux. L’arthrose facettaire à l’imagerie ne corrèle pas toujours avec la douleur, donc l’IRM oriente mais ne confirme pas l’origine.
  4. Radiographies dynamiques : clichés en flexion-extension pour rechercher une instabilité segmentaire si elle est suspectée.
  5. Blocs diagnostiques des branches médiales : injection d’anesthésique local au contact des branches nerveuses qui transmettent la douleur facettaire. Un soulagement significatif et reproductible selon des critères préétablis soutient le diagnostic.
  6. Échelles de suivi : EVA et Oswestry (ODI) avant et après les interventions afin de mesurer des changements cliniquement pertinents.
  7. Réévaluation après kinésithérapie : répéter l’évaluation après un cycle d’exercices thérapeutiques permet d’affiner la suspicion et la stratégie.

 

Diagnostic différentiel essentiel

Discopathie douloureuse, articulation sacro-iliaque, douleur myofasciale, pathologie de hanche et sténose du canal sont des causes fréquentes de lombalgie. La clinique, l’imagerie et, si nécessaire, des examens neurophysiologiques aident à les distinguer. Par exemple, la douleur sacro-iliaque est souvent plus basse, vers la fesse et l’aine, et peut être étayée par des tests spécifiques et des infiltrations diagnostiques.

 

Traitement sans chirurgie

La prise en charge est avant tout conservatrice. Elle comprend l’éducation à la douleur, le maintien de l’activité, un programme d’exercices progressifs, le renforcement du gainage, ainsi que des habitudes de sommeil et d’ergonomie. Les antalgiques doivent être utilisés avec prudence et sur une courte durée, en privilégiant les options non opioïdes. La kinésithérapie active est un pilier, avec progression de la force, du contrôle moteur et de la tolérance à l’effort. Dans certains cas, des infiltrations diagnostiques ou thérapeutiques à base d’anesthésique, avec ou sans corticoïde, peuvent s’intégrer à un plan qui garde l’exercice et les objectifs fonctionnels au centre.

 

Radiofréquence facettaire : quand elle apporte un bénéfice

L’ablation thermique par radiofréquence des branches médiales vise à interrompre le signal douloureux provenant des facettes. Elle se réalise sous anesthésie locale avec sédation légère, sous guidage par imagerie. Le point clé est la sélection du patient : douleur axiale compatible, échec d’un traitement conservateur bien conduit, et blocs diagnostiques positifs selon des critères prédéfinis. Certains protocoles recommandent deux blocs positifs pour limiter les faux positifs. L’objectif est un soulagement cliniquement pertinent et une amélioration fonctionnelle pendant plusieurs mois. Si l’effet diminue avec le temps, le geste peut être répété, en évaluant le rapport bénéfice-risque.

 

Bénéfices, limites et risques

Bénéfices attendus

  • Diminution de la douleur et amélioration fonctionnelle chez une partie des patients bien sélectionnés.
  • Procédure ambulatoire, avec reprise rapide des activités légères.
  • Possibilité de répéter le geste si le bénéfice a été net et que la douleur réapparaît.

Limites et points d’attention

  • Tout le monde ne répond pas ; certains échecs s’expliquent par une douleur d’origine mixte ou des critères de sélection trop souples.
  • Le soulagement est en général temporaire et variable selon les personnes.
  • En l’absence de bénéfice durable, il faut réévaluer le diagnostic et le plan.

Risques et effets indésirables

  • Douleur locale transitoire ou hématome au point de ponction.
  • Infection rare, malaise vagal, neurite ou engourdissement passager.
  • Les complications majeures sont rares lorsque la technique est standardisée et réalisée sous guidage par imagerie.

 

Critères pratiques d’orientation

  • Lombalgie axiale invalidante malgré 6-12 semaines de prise en charge conservatrice structurée.
  • Imagerie excluant des causes nécessitant une autre stratégie en première intention.
  • Blocs diagnostiques des branches médiales avec soulagement cliniquement pertinent selon des critères définis.
  • Comorbidités contrôlées et attentes réalistes concernant bénéfices et limites.

 

Délais de récupération réalistes

Après la radiofréquence, la plupart reprennent une activité légère en 24-72 heures. Une légère augmentation de la douleur locale est fréquente les premiers jours. Lorsque la procédure est efficace, l’amélioration se consolide souvent entre la 2e et la 6e semaine. La reprise du travail dépend des exigences physiques, avec un ordre de grandeur de 3-10 jours pour un poste de bureau. Maintenir le programme d’exercices est essentiel pour prolonger les bénéfices.

 

Quand consulter en urgence

Fièvre élevée persistante, douleur intense et progressive ne cédant pas aux traitements habituels, faiblesse ou engourdissement qui s’aggravent rapidement, ou apparition de nouveaux signes neurologiques après la procédure nécessitent une évaluation urgente.

 

Idées reçues et réalités

  • Mythe : la radiofréquence guérit toutes les lombalgies. Réalité : elle peut aider uniquement en cas de douleur facettaire bien sélectionnée et dans le cadre d’un plan actif.
  • Mythe : si l’IRM montre une arthrose facettaire, la douleur est forcément facettaire. Réalité : l’imagerie ne corrèle pas toujours avec la douleur, d’où l’intérêt des blocs diagnostiques.
  • Mythe : après une infiltration ou une radiofréquence, l’exercice n’est plus nécessaire. Réalité : l’exercice thérapeutique reste le pilier du traitement.

 

Questions fréquentes

La radiofréquence est-elle définitive ?

Non. Elle peut soulager pendant des mois et, si elle a fonctionné et que la douleur revient, elle peut être répétée selon l’évolution clinique et les critères médicaux.

La procédure est-elle douloureuse ?

Elle se fait sous anesthésie locale avec sédation légère. Une gêne locale transitoire peut persister quelques jours.

Faut-il deux blocs diagnostiques avant ?

Certains protocoles exigent deux blocs positifs pour réduire les faux positifs. Cela dépend des pratiques et des recommandations appliquées.

Est-ce utile si la douleur descend dans la jambe ?

Si une sciatique par compression radiculaire prédomine, la radiofréquence facettaire n’est pas l’option principale.

Que se passe-t-il si ça ne s’améliore pas ?

On réévalue le diagnostic, on renforce la prise en charge active et on recherche d’autres sources de douleur ou des alternatives thérapeutiques.

Combien de fois peut-on la répéter ?

Si le bénéfice a été net mais transitoire, on peut répéter lorsque la douleur réapparaît, en tenant compte des risques cumulés et du rapport coût-bénéfice.

 

Glossaire

Articulations facettaires : petites articulations postérieures qui stabilisent chaque niveau vertébral.

Branches médiales : nerfs transmettant la sensibilité des facettes.

Bloc diagnostique : injection anesthésique ciblée pour vérifier si la douleur diminue.

Ablation par radiofréquence : technique appliquant une chaleur contrôlée pour interrompre le signal douloureux.

 

Références

  1. Dr Vicenç Gilete – Neurochirurgien. Institut. https://complexspineinstitute.com/fr/institut/ (2025)
  2. Dr Augusto Covaro – Chirurgien orthopédiste et traumatologue spécialisé en colonne vertébrale. Institut. https://complexspineinstitute.com/fr/institut/ (2025)
  3. NICE. Low back pain and sciatica in over 16s: assessment and management. https://www.nice.org.uk/guidance/ng59 (2016, mis à jour 2020)
  4. ASIPP. Comprehensive Evidence-Based Guidelines for Facet Joint Interventions in the Management of Chronic Spinal Pain. https://asipp.org/wp-content/uploads/2020/11/REF1MA1.pdf (2020)
  5. NASS. Diagnosis and Treatment of Low Back Pain Clinical Guidelines. https://www.spine.org/Portals/0/Documents/ResearchClinicalCare/Guidelines/LowBackPain.pdf (2020)
  6. Cochrane Review. Radiofrequency denervation for chronic low back pain. https://www.cochrane.org/evidence/CD008572_radiofrequency-denervation-chronic-low-back-pain (2015)
  7. Cohen SP et al. Consensus practice guidelines on interventions for lumbar facet joint pain. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7362874/ (2020)

 

Ce contenu est informatif et ne remplace pas un avis médical personnalisé. En cas de signes d’alarme ou de doute, consultez un professionnel de santé.

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